Hernies discales et ostéopathie

Mis à jour : 30 nov. 2020



Un peu d'anatomie:

la colonne vertébrale est composée d’un empilement de 24 vertèbres séparées les unes des autres par un disque intervertébral. Dans la partie située en arrière du corps vertébral se situe un trou qui, avec la superposition des vertèbres les unes sur les autres, forme un canal. Ce canal contient la moelle épinière, dont sortent les nerfs rachidiens.

Les disques inter-vertébraux sont une sorte de coussinet, qui contiennent un noyau gélatineux, entouré d'un disque fibreux, qui, lorsqu’il est sain, est épais et souple. Le disque inter-vertébrale assure plusieurs rôles :

  • un rôle d’amortisseur

  • il permet aux vertèbres de bouger correctement les unes par rapport aux autres

  • il confère de la souplesse à la colonne vertébrale

  • il répartit les pressions exercées sur la colonne.


Apparition de la hernie discale:

Sur une hernie discale, le disque inter-vertébral s’écrase et se diffuse vers l’avant ou l’arrière. Les plus fréquentes sont les hernies discales postérieures.

Celles-ci entraînent également plus de risques du fait de la présence, à l’arrière des vertebres, des racines nerveuses qu’elles peuvent alors comprimer.

Suite à des microtraumatismes répétés, d'important choc ou compression, le disque intervertébral s’abîme.

Lors d’une flexion du tronc, les plateaux vertébraux se rapprochent à l’avant et s’éloignent à l’arrière, ainsi le noyau du disque se retrouve chassé vers l’arrière et s’insinue dans les déchirures des fibres du disque inter-vertébrale. En ajoutant à cette flexion un port de charge, il y a une augmentation très importante de la pression qui favorise l'apparition de hernies. En se relevant, les surfaces articulaires des vertèbres se rapprochent et bloquent ainsi la hernie à l’arrière sous le ligament longitudinal postérieur (présent à l’arrière des corps vertébraux).

La répétition de ce type de mouvement peut entraîner une augmentation de la hernie discale vers le canal rachidien jusqu’à entrer en conflit avec les racines nerveuses. 

A ce stade les symptômes sont plus ou moins invalidants et varient selon le niveau atteint. Le patient se plaint alors de:


- Douleurs lombaires

- Trajets électriques sur le trajet du nerf atteint (cruralgie, sciatique, nevralgie cervico-brachiale)

- Sensation de fourmillements

- Diminution des réflexes ostéo-tendineux

- Troubles moteurs, perte de force ou de sensibilité


Traitement médical de la hernie discale:

Le repos est conseillé lors de telles douleurs. Mais attention, repos oui, immobilité non !

Il faut se reposer et faire attention à ses mouvements, mais il ne faut surtout pas rester sans bouger ! En effet en l’absence de mouvements, la fonte musculaire se produit en seuelemtn quelques heures, et la diminution du tonus musculaire aggrave les douleurs du fait d’un moins bon maintien de la colonne vertébrale.

Médicalement parlant, le traitement prescrit se compose d’antalgique, d’anti-inflammatoires et de décontractants musculaires. Parfois des infiltrations de corticoïdes sont pratiquées pour soulager les douleurs.

La kinésithérapie a un rôle important à jouer grâce pour une amélioration de la posture, grace des exercices de renforcement musculaire du dos et de l’abdomen ainsi que des assouplissements.

La chirurgie arrive uniquement en dernier recours, en cas de persistance de douleurs invalidantes, de faiblesse musculaire ou de symptômes graves. Il s’agit dans ce cas d’une ablation partielle ou totale du disque intervertébral responsable de la compression d'un nerf.


Le role de l'ostéopathie:

Il est possible de procéder à un traitement local de la hernie discale en faisant en sorte de diminuer la compression qui s’exerce au niveau du nerf. Cette approche se pratique le plus souvent en position allongée sur le côté opposé à la hernie. La zone à travailler est placée en haut et le praticien peut facilement la manipuler et ce, toujours en douceur, sans générer de douleur. L'ostéopathe utilisera des techniques de décompression sur les vertebres pour diminuer la pression exercée sur la racine nerveuse. De plus, l’ostéopathe va travailler l’ensemble des articulations inter-vertébrales proches afin de redonner de la mobilité à ca colonne vertébrale. La zone proche de la hernie sera en effet bloquée par de nombreuses tensions musculaire, l’organisme faisant en sorte de limiter le plus possible les mouvements susceptibles d’engendrer de la douleur. Libérer ces zones est primordial, car elles participent au phénomène douloureux en favorisant l’inflammation dans la région. En résorbant l’œdème lié a l'inflammation du nerf, la compression nerveuse diminuera naturellement. Enfin, le thérapeute s’attachera à soulager le disque intervertébral. En le décompressant.


Traitement à distance

Le traitement local devra parfois s’accompagner d’un traitement à distance. Dans certains cas, seule cette seconde approche s’avère nécessaire. En effet, les pressions excessives exercées au niveau du disque, dans la mesure où elles n’ont pas une origine traumatique tel qu'un choc particulièrement violent, peuvent être dues à un simple blocage vertébral.

Ces blocages entraînent une tension musculaire qui augmente la pression intra-discale et donc une irritation nerveuse importante. Dans ce cas, l’ostéopathe va faire en sorte de lever les restrictions de mobilité des autres zones qui jouent sur l’étage vertébral concerné par la hernie. Le risque d’accident est pratiquement inexistant dans la mesure où l’ostéopathe non seulement tient compte de la hernie, mais, en plus, ne travaille pas directement au niveau de l’étage en souffrance. Le traitement s’effectue à distance de la zone touchée et des techniques douces peuvent être employées telles que les techniques faciales. D’une façon générale, le travail ostéopathique s’accompagne d’un suivi médical.

Spontanément, en cas de doute ou si aucune amélioration ne se profile, votre thérapeute fera le choix de vous rediriger vers un médecin voire un spécialiste (il peut s’agir d’un rhumatologue ou d’un neurologue), et vous conseillera de réaliser un examen d'imagerie (IRM ou scanner) pour verifier la présence ou non d'une hernie.